
Il parait que l’humanité est en train de ralentir. On a arrêté le Concorde – l’avion supersonique – il y’a presque dix ans, et puis cet été on a aussi arrêté la navette Discovery. C’est comme si on était revenu a l’age de pierre des transports. Mais comme le dit Jérémy Clarckson, si on a arrêté le Concorde, ce n’est pas parce qu’on a plus besoin de vitesse : au contraire c’est parce qu’il était devenu trop lent. Avec internet, les mails, les visio conférences et le télétravail, plus personne n’a besoin d’être a Londres et a New York dans la même journée !
Aujourd’hui, les communications sont sont globales et instantanées. Souvent, je commence la journée a Hong Kong, puis je passe a Pune en Inde et par Paris. A 10h, je vais au 15eme étage de mon immeuble de Londres pour prendre un café, puis je parle un peu avec mes collègues. A midi, les premiers New-yorkais arrivent au boulot: on prend des nouvelles de leur cyclone. Enfin à 17h, juste avant de partir du boulot, j’en profite pour voir si les mexicains ont avancé sur leur feuille Excel et si les canadiens se sont decidés a travailler sur notre projet. Aucun avion ne pourrait me permettre de faire ca tous les jours de la semaine !
Alors en terme de transport, de quoi on a besoin ? C’est facile, la seule raison qui nous reste de voyager, c’est le tourisme (et la belle famille). Ce qu’on veut, ce n’est pas d’arriver au Philippines en 2H, mais c’est d’arriver au Philippines après une soirée et une nuit passée dans un hôtel 5 étoiles volant, tout d’abord dans le salon en regardant 1 ou 2 films, puis après un dîner des plus honnêtes, de pouvoir passer une bonne nuit de sommeil pour arriver frais et dispo 16h plus tard.
Et cet hôtel volant existe. Ça s’appelle l’A380. Sérieusement, cet avion est un hymne au génie humain, le meilleur du meilleur de la technologie et de l’ingénierie ! Et je ne parle que de la classe économique. Film à la demande parmi plus de 200 titres, de grands sièges inclinables presque jusqu’en lit, et surtout quasiment pas de nuisance sonore et pas la moindre vibration.
Alors certes, l’humanité ralentie, mais si c’est pour rouler en Rolls-Royce, alors je ne vois pas ou est le problème !

Ce n’est jamais facile quand on se retrouve dans sa belle famille et qu’on arrive pas remettre les noms ! Mais il y’a pire: c’est quand on arrive pas a différencier 2 personnes cote à cote ! Surtout si ce ne sont même pas des jumelles.
Pour nous occidentaux, les asiatiques se ressemblent vraiment beaucoup. Et je vous arrête tout de suite: pas de racisme ici. Les asiatiques ont le même problème avec les blancs et ils ont bien du mal a différencier nos visages pales.
Quand ça se produit, Michael Scott, le boss psychopathe de l’excellente série "The office" a trouvé la parade idéale : il suffit de se promener avec un stylo bille, de poser des questions en apparence anodines et des qu’on a identifié quelqu’un, on fait une croix dessus pour ne plus le melanger avec quelqu’un d’autre.
Évidement, si c’est sa femme qu’on confond, ça pose des problèmes plus fondamentaux, comme être obligé de vérifier en se réveillant le matin si on est pas en train de vous faire une mauvaise blague.
Il y’a aussi tout un tas de phénomènes que le cerveau préfère attribuer a une cause super naturelle que de penser qu’il s’agit de 2 personnes différentes:
- comment elle a fait pour passer de jupe a short aussi rapidement ?
- comment elle s’est téléportée d’une maison a l’autre ?
Bref, si vous allez en Asie, munissez vous d’un stylo à bille, ce sera plus facile.

Et puis il y’a les Philippines. Toujours un des pays les plus pauvres du monde ou une femme de ménage qui réside en permanence chez vous est payée 35 euro … par mois. Et a ce prix la, il n’y a ni retraire ni sécu.
Au moins de juin, on voit les agriculteurs faire sécher leur riz sur la route un peu partout, même sur les autoroutes. Ça n’améliore pas vraiment la circulation.
Aux Philippines, j’ai 2 problèmes :
- je ne contrôle pas ce que j’ai dans mon assiette
- je suis un géant
Pour ce qui est de l’assiette, c’est parce que tout le monde veut me faire goûter de tout, même si je n’ai pas envie de goûter. Surtout si je n’ai pas envie de goûter des fois. Alors il faut prendre son mal en patience. Surtout qu’il y’a de petits os ou des arêtes dans quasiment tous les plats ! Ça ne simplifie pas les choses.

Pour se venger, Liza et moi avons décidé de leur faire des crêpes. Ça les a bien calmé. Déjà, parce que le prix de la farine sur place propulse d’office les crêpes dans la catégorie des mets de luxe (une crêpe faite maison reviens plus cher qu’un menu au McDonald, qui est déjà 3 fois plus cher que le prix d’un repas normal). Et puis parce qu’ils ont trouvé ça hyper bourratif. Ils ont l’habitude de manger tout le temps, mais jamais des trucs aussi dense en calorie !

Pour ce qui est d’être un géant, ça a des avantages et des inconvénients. J’ai les pieds qui dépasse du lit, je ne peux pas me voir dans le miroir de la salle de bain et … je suis raisonnablement bon au basket.


Un Jeepney: un bus construit a partir d’une jeep abandonnée par les américains après la deuxième guerre mondiale.
Quand je pense que je pourrais travailler ici :

Notez les fils électriques qui pendent de partout sur le poteau. Et c’est loin d’être le pire.
Je pourrais travailler ici car les informaticiens gagnent très bien leur vie aux Philippines. En Inde, tout le monde fait de l’informatique en université, car c’est la garantie d’avoir du débouché. En contrepartie, comme il y’a énormément d’informaticien, l’Inde reste un pays low-cost pour nous autre occidentaux.
Aux Philippines, tout le monde va dans les écoles d’infirmiers car c’était la voix royale pour avoir un visa pour un pays riche et échapper a leur île. Du coup il y’a très peu d’informaticiens sur le marché.